C'est l'histoire d'un Poisson ~A Fish Tale~
A demain Oishi !
Le jeune acrobate de Seigaku agita ses deux mains pour saluer son partenaire. Celui-ci fit un petit geste discret de la tête, et ils partirent chacun de leur côté.
La journée avait été dure. Les entraînements devenaient de plus en plus poussés, et aucun répit n’était laissé aux titulaires. Leur but était d’arriver au tournoi National, ils devaient travailler dur pour cela.
Oishi avait mal aux jambes et aux bras. Mais il était surtout fatigué. Travailler en classe, s’entrainer en vue des tournois à venir, et s’inquiéter pour tout le monde demandaient du temps, et de l’énergie. Et il savait où en trouver.
Sur le chemin qui le conduisait chez lui, il y avait une petite animalerie. Eiji et lui avaient l’habitude d’y aller, pour acheter différentes petites choses pour les poissons d’Oishi. Et puis Eiji aimait les animaux. C’était agréable de le voir tellement content.
Oishi poussa la porte de l’animalerie, et lança un vigoureux « bonjour ! ». Le vendeur interrompit sa discussion pour le saluer également, en souriant. Le jeune homme fureta de ci de là, avant de s’asseoir devant les aquariums. C’était ici qu’il avait acheté ses propres poissons. Il devait à chaque fois se retenir d’en acheter d’autres, mais s’il l’avait fait, il aurait dû changer d’aquarium, et alors il n’aurait pas pu le garder dans sa chambre.
C’est pourquoi il venait souvent ici. Distraitement, il prêta une oreille à ce que disait le vendeur.
« Vous savez mademoiselle, ce genre de poissons est très difficile à gérer… Ils demandent des soins particuliers, et surtout des efforts considérables afin qu’ils restent en vie et en bonne santé. »
« Je leur consacrerai tout le temps dont ils auront besoin. Je me suis renseignée, je sais exactement quoi faire pour leur éviter des désagréments. »
« Vous êtes sûre de vous ? »
« Je les veux. Dès que je les ai vus, j’ai complètement craqué pour eux. Il s’est passé quelque chose entre nous, je le sens. »
« Très bien ».
Oishi entendit à la voix du vendeur que celui-ci souriait. Le jeune homme savait que le vendeur testait chacun de ses clients, pour être sûr que ses animaux ne partaient pas entre de mauvaises mains.
Réprimant un bâillement, il se leva, et s’apprêta à sortir de l’animalerie. Mais ses yeux furent attirés par l’ondulation des queues bleues et rouges que la jeune fille était sur le point d’acheter.
« Ah, Oishi-san ! » s’exclama le vendeur. « Venez voir les jolis poissons que vient d’adopter -san ! »
Le jeune homme sentit ses joues rougir d’être ainsi interpellé. Mais il se dirigea tout de même vers le comptoir, devant lequel se tenait une jeune fille. Elle n’était pas très grande, avait les cheveux bruns et relevés sur la nuque. Elle tourna alors ses yeux noirs vers Oishi, et sourit.
« C’est l’histoire d’un poisson… »
Comment étaient-ils arrivés là ? Oishi ne se posait même pas la question. Ils avaient d’abord discuté à propos des poissons que venaient d’acheter , puis il lui avait proposé de l’aider à les ramener chez elle. Après s’être occupée des poissons, la jeune fille, pour le remercier, avait invité Oishi à manger quelque chose dans un petit restaurant près de chez elle.
Ils s’étaient tout de suite bien entendu. Leur passion pour les poissons les avait sans doute beaucoup aidés. Oishi, d’ordinaire si réservé, s’était surpris à être éloquent. Et le voilà même qui racontait des blagues à présent ! avait ri à un compliment de la part du vendeur de l’animalerie, et Oishi s’évertuait à entendre de nouveau son rire clair et franc.
« Ah ! -chan ! Je te trouve enfin ! »
Un bras passa autour des épaules de la jeune fille, et des lèvres s’abattirent sur son front. Un garçon, plus grand et certainement plus vieux qu’Oishi, venait d’enlacer la jeune fille, sans même prêter attention à celui qui était assis avec elle.
« Tu as oublié, n’est ce pas ? » dit le nouveau venu.
fronça les sourcils. Et soudain, elle se tapa le front. Se levant précipitamment, elle sortit de l’argent de sa poche qu’elle laissa sur la table, avant de partir en courant, accompagné du garçon.
« A bientôt, Oishi-kun, et merci ! » cria-t-elle en sortant du restaurant, laissant un Oishi déconcerté et plutôt mal en point.
**********
« Pourquoi Oishi a l’air si déprimé ? » demanda Fuji quelques jours plus tard.
Eiji termina ses étirements, les lèvres pincées. Il se faisait du souci pour son partenaire lui aussi. Jamais encore il ne l’avait vu dans cet état.
« Il y a 99,99% de chance que ce soit à cause d’une fille » lança Inui en griffonnant dans son cahier.
« Eh ??? Tu crois ? » s’écria Eiji.
Fuji hocha la tête en souriant. Bien sûr, cela pouvait expliquer beaucoup de choses, à commencer par la tête d’enterrement de la maman de Seigaku.
Entre les milliards de filles qu’il y avait sur Terre, il avait enfin trouvé Elle. Elle dont les yeux riaient avant ses lèvres, dont la voix aurait pu faire fondre un glaçon. Elle avait qui on pouvait parler des heures sans jamais vouloir s’arrêter.
Mais il avait fallu qu’elle soit prise. Comment n’avait-il pas pensé à cela ? Une jeune fille comme elle n’était probablement pas libre. Mais il devait avouer que pas une seconde, la pensée qu’elle ait un petit-ami ne lui avait traversé l’esprit. Il était trop occupé à étudier les lignes de son visage, à écouter les différents tons de sa voix.
Quand il avait vu l’autre garçon fondre sur elle, il avait eu mal. Et il avait toujours mal. Le problème était qu’il se sentait stupide en plus de souffrir. Il ne connaissait que depuis quelques jours, et ne lui avait parlé que quelques heures. Est-ce que ça suffisait à dire qu’il s’était passé quelque chose entre eux ?
« Oishi ! »
La voix de son partenaire le tira de ses rêveries. Eiji se tenait devant lui, les mains derrière le dos, et les lèvres plissées. Il se faisait du souci, et Oishi culpabilisait pour cela.
« Ah, salut Eiji. »
« Je vais faire un tour à l’animalerie, tu viens avec moi ? »
Oishi esquissa un sourire, mais le cœur n’y était pas. Comment retourner là-bas, alors qu’il y avait rencontré ? Non, il ne pourrait pas. Pas tout de suite.
« Désolé Eiji, j’ai beaucoup de devoirs à faire. Peut-être un autre jour. »
Eiji hocha la tête. Il venait de comprendre.
Le surlendemain, Oishi se préparait à rentrer chez lui, quand quelque chose de rapide et d’agile lui agrippa le bras.
« Eiji ! Tu m’as fait peur ! »
Le jeune acrobate se contenta de rire. Un rire tellement joyeux qu’Oishi ne put s’empêcher de sourire. Qu’il était bon d’avoir des amis.
« Oishi, il y a quelqu’un que je dois voir… Tu m’accompagnes dis ? » dit-il avec des yeux auxquels on ne pouvait rien refuser. Oishi sourit de nouveau. Après tout, ça ne pourrait pas lui faire de mal.
Quelques rues plus loin, Eiji s’exclama : « Ah ! La voilà ! ». Oishi crut recevoir un coup dans l’estomac à la vue de la jeune fille brune, qui était adossée au mur.
« -chan ! » appela Eiji avant qu’Oishi ne puisse le retenir.
La jeune fille tourna la tête vers eux, et sourit. Oishi sentit son cœur fondre, et il ne put détacher ses yeux de ce sourire.
« Bien ! » dit Eiji en sautant sur un pied. « Je ne vous présente pas j’imagine ! »
« Non, on se connait déjà ! » lança joyeusement la jeune fille, tandis qu’Oishi se contentait d’hocher la tête silencieusement. Il était perdu. Il ne comprenait pas pourquoi il était là, pourquoi elle était là, ni pourquoi Eiji avait insisté pour qu’il l’accompagne. Tout ce qu’il sentait, c’était que son cerveau allait exploser sous peu.
« Je voulais m’excuser, Oishi-kun, pour l’autre jour au restaurant. Je suis partie très vite, sans prendre le temps de te dire au revoir. »
Ca ne fait rien, pensa Oishi. Qu’aurait-elle voulu ajouter ?
« C’était l’anniversaire de ma mère » continua la jeune fille, « et mon frère est venu me chercher pour acheter son cadeau. »
« Ton… Ton frère ? Tu veux dire que le garçon qui est venu… » bredouilla Oishi, le cœur soudain plus léger, comme soulagé d’un grand poids.
La jeune fille hocha la tête en souriant. Eiji s’éloigna discrètement en se frottant les mains. Jamais Oishi n’avait refusé d’aller à l’animalerie avec lui, c’était donc là-bas qu’il s’était passé quelque chose. Il n’avait pas été difficile de faire parler le vendeur. Et retrouver avait été plus simple que prévu. Il l’avait contactée, lui avait parlé d’Oishi, et ils s’étaient rencontrés. Quand elle lui avait raconté l’arrivée de son frère, il avait tout de suite compris pourquoi Oishi avait l’air si déprimé. La pauvre maman avait mal saisi cette histoire !
Le fait est que avait été chagrinée de ne pas revoir Oishi. Plusieurs fois, elle était retournée à l’animalerie, mais le vendeur lui avait dit qu’il ne l’avait plus revu non plus. Elle avait alors pensé qu’il ne désirait plus la revoir. Et quelque part, ça lui avait fait mal… Lorsqu’Eiji lui avait téléphoné, elle avait d’abord été surprise, puis elle avait saisi sa chance. Un garçon comme Oishi ne se trouvait pas à tous les coins de rue, elle en était sûre.
« Euh… Comment vont tes poissons ? » demanda maladroitement Oishi. Il était soulagé, mais pas plus à l’aise.
« Très bien, merci. » répondit en souriant. « Tu veux venir les voir ? »
Sur le chemin qui les conduisait chez les , glissa sa main dans celle d’Oishi, et lui murmura à l’oreille :
« C’est l’histoire d’un poisson… »
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July 26, 2006
Written and Edited by: Serena